t r o u b l e s   d e   l ' o r d r e

 

 

 
         

 

 

 

   
Contexte de l'ouvrage 'Du 9 janvier 1978 au 4 novembre 1979' 

 
         
Plan général 1978-1982  
 
 
         
    Introduction    
         
           

 

 

Si la communication générait l’histoire, comme notre époque en véhicule parfois l’illusion, il faudrait alors supposer que plus la communication se fête elle-même, plus elle obstrue la visibilité de l’histoire. Car notre connaissance de l’histoire de notre temps semble en raison inverse de la quantité des informations nécessaires à cette connaissance. Non seulement nous ignorons désormais que l’histoire est la dispute des hommes, non seulement nous avons perdu la capacité d’ordonner les événements, mais nous avons même perdu tout mode d’emploi de cette saisie du contenu du temps. Et même, nous avons perdu, pour l’écrasante majorité d’entre nous, toutes les raisons de connaître et de prendre part à la grande dispute de l’humanité sur elle-même.

Que l’histoire est le débat, et que le débat est le débat sur l’accomplissement de l’humanité doit donc être rappelé souvent. Que le centre de ce débat, l’instant où la dispute prend effectivement le monde pour objet, est ce qu’on appelle une révolution, est également aujourd’hui complètement ignoré. Nos contemporains ne savent pas ce qu’est une révolution, et ils ne savent plus quels événements méritent d’être appelés ainsi, car ils ne savent plus pourquoi. Même ceux qui, fort peu à propos, se croient des « révolutionnaires » ont traversé leur temps sans même l’observer, alors qu’il aurait fallu qu’ils le conçoivent.

Depuis la révolution russe, seule une autre révolution a eu lieu. La période de la dispute a duré à peu près de 1967 à 1995. Comme le moment le plus fort de ce débat a eu lieu, au milieu de cette période, entre 1978 et 1982, et que c’est en Iran que les perspectives de ce débat se sont le mieux développées, cette révolution est appelée la révolution iranienne. Elle toucha tous les Etats du monde, ses fronts mobiles et puissants traversèrent plusieurs continents, et de nombreuses villes sentirent le souffle chaud de son imprévisible intensité. Ses conséquences commencent seulement à se faire sentir, dans un monde qui a si parfaitement réussi à occulter cette époque. Mais cette occultation, que nous combattons, est la partie du débat que l’ennemi de l’accomplissement de l’humanité a imposé, après sa victoire ; la victoire de l’ennemi de la révolution est le silence, la dispersion, la résignation, la communication infinie. Lorsque la communication est crue infinie, le sens de l’histoire, et la connaissance de la révolution, sont démantelés.

Un seul ouvrage a tenté de raconter ce moment historique : ‘Du 9 janvier 1978 au 4 novembre 1979’ est paru en 1991. Ce texte, un peu volumineux, était la deuxième partie d’une somme qui devait en comporter cinq. Ces cinq parties réunies devaient raconter la vague principale de cette révolution qui, comme une armée en marche était précédée d’une avant-garde, la période 1967-1969, et d’une arrière-garde plus copieuse, la vague d’assaut contre la société entre 1988 et 1993 (1) qui tenta, sans y parvenir, de gagner la bataille menée entre 1978 et 1981. C’est parce que, en 1991, cette troisième vague de la révolution iranienne était à son apogée qu’Adreba Solneman, nom collectif des auteurs de l’ouvrage, arrêta son compte-rendu de la vague précédente.

Comme il s’avéra depuis, l’offensive de 1978-1982 a été la plus haute des trois, et c’est là que s’est joué le destin de plusieurs générations. Il nous a donc semblé que le contexte plus large d’un tel compte-rendu devait être présenté au public. Le plan de l’ouvrage plus général existait au moment où le projet a été interrompu sans être repris depuis. Nous en avons rassemblé aujourd’hui les éléments épars et inégaux.



La première partie, consacrée à la période qui va de 1976 à 1978, était longtemps l’introduction, avant que son ampleur ne la détache en partie séparée. Un manuscrit, qui mérite d’être retravaillé, en existe ; sa publication pourrait suivre.

La seconde partie est donc la partie publiée aux éditions Belles Emotions. Elle reste la seule grande trace de la montée de cette vague de révolte, et contient la chute des deux régimes où se sont d’abord déroulées les principales batailles de la révolution iranienne : en Iran et au Nicaragua.

La troisième partie représentait le plateau, une respiration, mais avec une intensité inchangée, après l’ascension fulgurante des deux années précédentes. Cette période transitoire est courte, mais pleine : elle va de novembre 1979, tournant important en Iran avec les spectacles combinés de la prise d’otage de l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran, et de la dénonciation d’une invasion soviétique en Afghanistan, à l’été 1980, où eut lieu l’insurrection de Kwangju en Corée. La peur de ces poussées soudaines et inattendues ont alors permis à des coups d’Etat, et au libéralisme aujourd’hui triomphant, de commencer une contre-offensive salutaire, en particulier en Corée, en Turquie, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, dans les luttes de libération nationale en Afrique et dans l’arrivée au pouvoir de la pensée degauche partout ailleurs.

La quatrième partie est l’apogée de la révolution en Iran. Dans cet Etat les gueux ont joué leur dispute décisive pendant cette période. Au même moment, la guerre qui s’était étendue dans toute l’Amérique centrale éteignit les vives lueurs allumées par les révoltés anti-somozistes anti-sandinistes du Nicaragua. En Pologne alors, sans qu’on s’y attende, le prolétariat livra son dernier combat. Un quatrième front s’affirma avec pour épicentre l’Angleterre : les jeunes des cités se soulevèrent, augurant malgré leur faiblesse apparente d’un potentiel qui ne s’est pas démenti, alors même que le potentiel présumé des vieux ouvriers polonais dissimulait la faiblesse d’un prolétariat en cours d’érosion accélérée. Sur ces quatre lignes d’attaque principales, mais soutenues par une multitude d’escarmouches partout ailleurs, les batailles décisives eurent lieu pendant l’été 1981. Ce moment de défaite est le moment historique de toutes les vies d’aujourd’hui.

Une cinquième partie venait raconter comment la fureur de cette défaite n’a été ni reconnue ni acceptée sur le coup. De l’automne 1981 à 1984, le ressac du débat sur le monde s’accompagna d’un renforcement continu de la répression. Un à un, sans pourtant que l’importance de ces gestes soit mesurée à l’échelle du genre humain, les feux furent éteints.
 
Les révolutions sont des moments rares, et de nombreux êtres humains n’en pourront pas vivre de leur vivant. La révolte qui, depuis la révolution iranienne, n’a pas cessé, n’a pourtant pas retrouvé l’éclat de la perspective qu’elle a eue pendant cette longue période indécise où le possible qui croissait sans bornes était vérifié à grandes volées. Lorsque les incendies des grands pillages récents, les clameurs des émeutes qui deviennent insurrections et les nouveaux regards qui accompagnent les assemblées générales jaillissent de notre jouvence renouvelée, nous pouvons croire que ces moments reviendront. Mais le souffle heureux qui donnait l’impression que le monde bascule fait encore attendre sa cascade d’idées et sa sensualité un peu sauvage, ponctuée de rires pleins de cette gravité qui annonce les grands carrefours de nos descendances, les inondations d’esprit et les amours terribles advenues si souvent comme l’ombre agile et furtive des révolutions.



(1)  Le tome I de la ‘Naissance d’une idée’ est consacré à cette période.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   


Plan 1978-1982
 

 
         
         
           
    Première partie : De 1976 à janvier 1978    
   

Cette partie, bien qu'ayant été rédigée, n'a pas été publiée à ce jour.
Elle avait été pensée initialement comme une introduction à l'ensemble de la période 1978-1982.

 
           
   

Chapitre I

1) Jusqu’en 1953
2) Berlin en 1953
3) 1956
4) Budapest en 1956
5) De 1956 à 1968
6) Paris et Prague en 1968
7) De 1968 à 1974
8) Lisbonne en 1974
9) Progrès de l’information
 
   
 

Chapitre  II

1) 9 et 10 janvier 1978
2) 25 juin 1976 en Pologne
3) Soweto en 1976-77
4) La nouvelle guerre de l’opium en Chine
5) Le Caire, janvier 1977
6) Tunis, janvier 1978
7) Pérou, juillet 1977
8) Pakistan, mars 1977-mars 1978
9) Fin du voyage
 
   
 

Chapitre III

1) Gueux et valets
2) La défaite des kébélés d’Addis Abeba
3) Fin du mouvement étudiant
4) Début du terrorisme d’Etat
5) Proche-Orient
6) Est-Ouest
7) Organisations internationales
8) Idéologies
9) Critique de l’ambiance
 
   
           
    Deuxième partie : Du 9 janvier 1978 au 4 novembre 1979    
    Ouvrage publié aux éditions Belles Émotions en 1991  
           
   
Introduction
De l'histoire    
   

Chapitre I

Offensive d'Iran

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A) Du 9 janvier 1978 au 16 février 1979
1) Avant le 9 janvier 1978
2) Du 9 janvier au 4 septembre 1978
3) Vendredi Noir
4) Grève généralisée
5) 4, 5 et 6 novembre 1978
6) Du 1er moharram à l'Ashurâ (du 2 au 11 décembre 1978)
7) De l'Ashurâ au 13 janvier 1979
8) Du 8 au 13 janvier 1979
9) Du 8 février au 16 février 1979
 
B) Du 17 février au 3 novembre 1979
1) Iranie de l'histoire
2) Vengeance
3) De la baise
4) Première grande défaite du travail et de l'économie
5) Les troubles de la parole
6) Organisations des gueux
7) Organisations ennemies
 
C) Les frontières de l'Iran
1) A bas les frontières !
2) Les frontières géographiques de la révolution iranienne
3) Provinces et Etats frontaliers
4) Frontière orientale
5) Frontière russe
6) Frontière occidentale
7) De l'attitude de la République Islamique hors de ses frontières
 
   
 

Chapitre  II

Offensive
du Nicaragua

A) Du 10 janvier 1978 à fin septembre 1978
1) La danse du « Toro-Venado » (le taureau cervidé)
2) Brèves présentations
3) L'étincelle (du 10 janvier au 22 janvier 1978)
4) La grève générale (du 23 janvier à début février 1978)
5) Insurrection du quartier Monimbó de Masaya (du 20 au 28 février 1978)
6) De mars à août 1978
7) Les valets tâchent de suivre
8) Prise d'otage de l'attention (22 août 1978)
9) Septembre (du 25 août au 25 septembre 1978)
10) De la jeunesse
 
B) D'octobre 1978 à octobre 1979
1) Rêves de richesse, paupérisme et ambiance au Nicaragua en 1978
2) D'octobre 1978 à avril 1979
3) D'Esteli à Jinotega en passant par León (du 5 avril au 30 mai 1979)
4) Du 31 mai au 7 juin 1979
5) Insurrection de Managua (du 8 au 28 juin 1979)
6) Chute de Somoza (du 29 juin au 19 juillet 1979)
7) Prise d'armes des gueux, vengeance, ralliement des valets en défense
8) La ligne de défense du FSLN : davantage de travail, davantage d'organisation, davantage d'Etat
9) Quatre petites opérations sandinistes pour garder la position (Août - Octobre 1979)
10) Censure du débat public au Nicaragua
 
C) Les frontières du Nicaragua
1) Amérique centrale
2) Etats-Unis
3) Frontière sud
4) Frontière nord
 
   
 

Chapitre III

De l'Iran
au Nicaragua

A) Escarmouches
1) De l'émeute
2) Berlin, Allemagne
3) Quito, Equateur
4) Lagos, Nigéria
5) Antananarivo, Madagascar
6) Kingston, Jamaïque
7) Baltimore, Etats-Unis
8) Bangui, Centrafrique
9) Kâtmându, Népal
10) Monrovia, Liberia
11) Santo Domingo, Dominicaine
12) La Paz, Bolivie
13) Khartoum, Soudan
 
B) Guerres d'Etat
1) Guerre officieuse et guerres officielles
2) Guerres d'Ethiopie
3) Guerre du Tchad
4) Guerre du Sahara occidental
5) Guerres d'Afrique australe
6) Guerre d'Ouganda
7) Suite des guerres du Proche-Orient
8) Guerre du Yemen
9) Guerres d'Indochine
 
C) Europe, vieille Europe
1) Asphyxie de la théorie, anhélation de l'idéologie
2) Lifting du catholicisme
3) Electoralisme
4) Pollution, séparatisme, terrorisme
5) Irlande du Nord
6) Dernière lutte de classes au Royaume-Uni
7) Dernière lutte de classes en France
 
D) Le point où nous sommes
1) Du point d'observation
2) Identité et différence des offensives d'Iran et du Nicaragua
3) L'information au sujet des offensives d'Iran et du Nicaragua
 
   
           
    Troisième partie * : Stabilisation Novembre 1979 - Septembre 1980    
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Chapitre I

Front d’Iran
De la prise d’otages à la guerre avec l’Irak
Histoire des Sarbadars  
 

Chapitre  II

Front d’Amérique centrale
Nicaragua-Salvador
   
 

Chapitre III

Reste du monde
Kwangju, Coup turc
Squats, Olympiade
La physique à l’époque nucléaire  
           
    Quatrième partie ** : Apogée Septembre 1980 - Décembre 1981    
        Thématiques associées  
   

Chapitre I


Offensive d’Iran

Guerre Iran-Iraq
 
 

Chapitre  II


Offensive d’Amérique centrale
   
 

Chapitre III


Offensive de Pologne

De l’organisation
 
 

Chapitre IV


Offensive de Toxteth

Berlin Spielplatz
 
 

Chapitre V


Reste du monde
   
           
    Cinquième partie : Bombenstimmung Décembre 1981 - 1984    
        Thématiques associées  
   

Chapitre I

L’ennemi relève la tête : bombes, guerre du Liban, Malouines, Grenade    
 

Chapitre  II

Défaite sur tous les fronts : Pologne, Iran, Amérique centrale, Toxteth    
 

Chapitre III

Francs tireurs  : émeutes urbaines locales, Miami, Madagascar, Bolivie, Niger...    
 

Chapitre IV

Les mauvais jours sont de retour :
reaganisme, mouvement
pour la paix (sida, Tchernobyl)
Hommage à Orwell  
      Du jeu  
        De l’amour  
           
           

 

 

Notes 

* En ce qui concerne la troisième partie, il existe plusieurs chronologies détaillées (sur l’Iran par sources et sur les principales révoltes dans le monde).

 

** Pour la quatrième partie, voici un survol rapide de quelques événements de 1981, encadrant le zénith de toute la vague d’offensive, à l’été de cette année-là. A remarquer l’absence de l’Amérique centrale, dans cette liste pense-bête, de premières notes.



24-12-1980 : Berlin (Zurich, Amsterdam) : Noël et jour de l’an

03-02-1981 : Téhéran (les otages relâchés le 21 janvier)
12-02 : Berlin, Zurich, Hambourg
13-02 : Antananarivo : émeute lycéenne
04-03 : Madrid : putsch
           Vienne : faire comme à Zurich et à Berlin
           Brockdorf
21-03 : Bangui : émeute
05-04 : Pristina : manifestation
15-04 : Brixton : 3e nuit d’émeute (17-04)
30-04 : Téhéran : Moudjahidin-Pasdarans
20-06 : Durban : émeute
23-06 : Casablanca : émeute
04-07 : Téhéran : attentat
06-07 : Toxteth, Brixton, etc. (09-07, 11-07, 18-07, 23-07)
23-07 : Dublin : émeute pour l’IRA (spectacle Sands)
13-08 : Londres : (mariage de Lady D)
18-08 : Berlin, Paris, Zurich (petite proportion)
           Sri Lanka : premières luttes entre « ethnies »
28-08 : Berlin : manif le 26
31-08 : Téhéran : bombe Rajai
06-09 : Vénissieux : rodéos, etc.
           Pologne : Congrès de Solidarité (14-09) 1re partie. A Koin (?) : émeute
           Berlin : Manif anti-Haig (23-09 : 1M)
29-09 : Téhéran : Affrontements dans le centre (6M)
           Pologne : Congrès 2e partie (01-10, 07-10) (21-10) fin le 07-10
           Berlin, Francfort, Zurich (01-10), Christiania (Copenhague)
21-10 : Katowice : émeute (24-10) Wroclaw : émeute
26-10 : Colombie : grève générale (3M)
           Toutes les banlieues du monde
11-11 : Nouméa, Antananarivo : émeutes
16-11 : Roumanie : du 16 au 19 grèves, émeutes, occupations
           Francfort : combats sur l’aéroport
           Berlin : attaques, squats
13-12 : Pologne : coup de force
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           
           

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